1993

la peau dure

création TNDI Châteauvallon

 

L'homme est comme ces poupées plombées à leur base qui reprennent toujours leur équilibre. Si l'on veut les maintenir en mouvement, il faut sans cesse les pousser dans le déséquilibre : oscillation entre l'état de veille et de sommeil, la vie et la mort. Travailler sur la mort pour rebondir dans le vif: la mort simple, celle qui figure dans l'enfance ou une sagesse populaire réinventée.

La peau dure est une chorégraphie sur les métamorphoses des frontières de soi. La peau est la frontière de nos interactions physiques avec l'extérieur par l'intermédiaire des sens; ce qui fait notre être semble ainsi enveloppé d'une paroi qui se contracte dans les moments de solitude et se dilate dans les moments de plaisir. Nous nous interrogeons sur: qu'est-ce que lâcher prise?-l'abandon de soi?-la dilatation de ses frontières internes? Ces interrogations sont un cheminement physique que nous avons choisi dans cette danse pour questionner indirectement la mort.

Les deux cotés de la peau sont notre fil conducteur.

 

 

"On a rarement vu un duo aussi tendre et douloureux, peut-être simplement parce que les lèvres des danseurs sont entrouvertes. Sidonie Rochon, c’est cela, cette attention aux détails, cette qualité d'intériorité. Et ce propos qui tremble légèrement, qui brûle et vacille comme la flamme d’une bougie posée au chevet d’une chorégraphe
aux aguets, en état de veille."

Marie-Christine Vernay, Libération, décembre 1993

 

élucubrations…

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