1989

chronique du gravier

création Festival d’Arles

   

La nuit, la lampe qui s'éteint, l'ombre en chacun de nous, nos petits rituels cachés, les mouvements furtifs, nos secrets voilés, l'intuition profonde des émotions, la beauté de la patine laissée par le temps, boire d'un récipient sombre et se perdre dans la profondeur de son fond, ne pouvoir apprécier que par la subtile saveur changeante laissée dans la bouche..

   

"Chronique du gravier s’ouvre et se referme dans le raffinement d’un espace pictural. Le début du spectacle est le plus enchanteur : deux interprètes, Marie-Jo Faggianelli et Luc Favrou, aux prises avec chacun un carré rouge de papier de soie, s’inventent des parures éphémèeres. Ce jeu de dissimulation et d’offrande, extrêmement pudique, pourrait, semble-t-il, se dérouler à l’infini. Et c’est un autre carré qui clôt le spectacle : un carré de lumière projeté sur le mur du Théâtre de la Bastille et qui semble en extraire, comme par magie, le grain et la matière d’un tableau d’Antonio Tapiès."

Jean Marc Adolphe, L’Humanité, janvier 1990